Les Levées de fonds et le financement des Start-Up

Tu as un projet entrepreneurial en tête mais tes poches sont vides ? Heureusement pour toi, ton école regorge d’associés expérimentés et prêts à partager leurs savoirs.

Le 16 novembre 2017, Christophe Bonnet, professeur associé de Gem a été invité par l’association Gem Entreprendre pour une conférence sur le thème des levées de fonds et du financement des Start-Up. Nous en avons profité pour lui poser quelques questions :


Je suis un entrepreneur avec un projet déjà mature et je cherche des financements. J’ai entendu parler des levées de fonds. Vers qui me tourner ?

Des fonds de capital-risque ou des business angel, spécialisés dans les projets de start-ups. Ils vous accompagnent et vous aident financièrement en investissant dans le projet, la fameuse levée de fond. Mais c’est un pari risqué pour eux, vous devez montrer pourquoi le projet est rentable et à quel besoin il répond, avoir un business plan crédible. Le pitch de présentation est primordial : sur dix start-ups candidates, seulement 1 ou 2 seront retenues pour être financées. De plus, la demande de financement est largement supérieure à l’offre : en France, plus de 15000 entreprises innovantes cherchent à renforcer leurs fonds propres chaque année alors que le nombre d’opérations liées aux investissements des fonds de capital risque ou des business angels est inférieur à 1000.

Fond de capital risque, business angel, crowfunding… Il semble exister de nombreuses façons de se financer.

En effet, les levées de fonds ne se font pas avec les mêmes investisseurs selon le stade de maturité de l’entreprise mais les frontières sont minces. Les buisness angel interviennent souvent lors de la période où l’investissement est le plus risqué avec des sommes moindres mais promettent un encadrement plus important de votre projet. Au contraire, les fonds de capital-risque sont plus prudents car ils investissent non pas leurs propres fonds mais ceux d’intérêts d’autres personnes qu’il gèrent. Par exemple ces fonds doivent veiller à l’équilibre de leur portefeuille entre les sociétés matures et celles plus jeunes. Les sommes seront souvent plus importantes mais moins dans l’esprit start-up. Pour finir, de nouvelles formes de financement émergent aujourd’hui comme le crowfunding, un financement participatif. A l’heure actuelle, il est encore difficile d’estimer l’importance qu’ils auront dans le futur pour les start-up mais c’est à surveiller.

Comment préparer concrètement une levée de fond ?

Pour augmenter vos chances de réussite, il vous faudra impérativement peaufiner votre business plan, votre modèle financier et bien entendu votre pitch de présentation. De plus, il faudra clairement identifier les fonds d’investissement en adéquation avec votre projet : chaque fond a un cahier des charges précis par rapport à ses propres investisseurs, qui peut être sectoriel selon le stade de maturité des entreprises. Donc trouver la bonne personne en somme.

L’innovation va se faire sur le positionnement. Ce qui me vient à l’esprit c’est « Michel & Augustin ». Sur un marché qui est tenu par des grands groupes ils ont réussi à créer une marque qui a pris beaucoup de valeur, où ici l’innovation est purement marketing. Ils ont montré qu’on pouvait se lancer sur un marché déjà très mûr comme le marché du yaourt et du biscuit. On peut innover dans tous les domaines.

Beaucoup de start-ups font appel à des incubateurs pour avoir plus de chances de rencontrer des investisseurs. Comment les incubateurs les aident pour trouver ces investisseurs ?

L’incubateur ce n’est pas juste cela. Il permet de faire mûrir le projet. En entrant dans l’incubateur vous avez un projet et pendant le séjour dans cet incubateur vous allez transformer cela en projet de business. Est-ce qu’il y a un marché, une demande solvable ? Est-ce que je peux espérer gagner de l’argent avec cette idée ? L’incubateur va vous aider car vous allez être confrontés à d’autres entrepreneurs, à des experts en stratégie, en technologie, en marketing, en finance … C’est cela qui va vous aider à mûrir votre projet effectivement. À l’intérieur de l’incubateur on peut créer une entreprise et éventuellement faire une levée de fonds par la suite. En général la levée de fonds se fait quelques mois après mais cela peut effectivement aider l’entrepreneur qui est souvent isolé. Confronter ses idées avec d’autres, avoir accès à des experts qui vont vous challenger ce n’est quand même pas mal.

Qu’est-ce qui vous a amené à faire une conférence sur les levées de fonds des start-ups ?

J’ai d’abord travaillé en entreprise en tant que financier puis dans un fonds d’investissement pendant à peu près 17 ans. J’ai donc une expérience de financier mais je suis devenu par la suite enseignant chercheur à Grenoble Ecole de Management. Ainsi, j’ai toujours gardé cet intérêt pour les fonds d’investissements, pour le capital-risque. Mais depuis une dizaine d’années je me suis davantage penché sur le financement des start-ups. J’ai créé un cours de finance entrepreneuriale à l’école en deuxième année, j’ai écrit un livre là-dessus. Je vais de plus lancer un MOOC avec l’école en janvier sur la levée de fonds. Outre ces activités-là, je suis business angel. Je trouve cela amusant et intéressant, j’aime le fait de mettre un peu d’argent pour aider des entrepreneurs. Ce n’est pas toujours simple car il y a parfois des mauvaises surprises mais c’est stimulant d’être associé à des projets entrepreneuriaux, de les suivre et de les aider à réussir et lorsque cela marche, c’est une fierté d’être témoin et acteur du succès.

Vous les avez trouvés ces start-ups à succès ?

Oui bien sûr, j’ai commencé à investir en 2013 dans 4 ou 5 entreprises et également dans un fonds qui est géré par un réseau qui lui, a misé sur une quinzaine d’entreprises. En ce qui me concerne, j’investis directement mais aussi via un fond. Je connais donc bien les entreprises dans lesquelles j’investis directement et un peu moins les autres, mais effectivement j’ai trouvé quelques start-ups à succès.

En ce moment on entend beaucoup parler de monnaie virtuelle et de levée de fonds en via ce type de monnaie, est-ce l’avenir ou un simple effet de mode ?

Vous parlez des ICO (Initial Coin Offerings) ? Je suis un peu prudent là-dessus. Je pense que cela augmente encore plus le risque lorsqu’on investit dans une start-up. C’est déjà très difficile d’investir en euro, là on rajoute un degré de risque supplémentaire. Ce « coin » que l’on va rajouter pose des questions : qui sont les émetteurs ? Sont-ils crédibles ? Pour l’instant je suis un peu sceptique mais je peux très bien me tromper. En tout cas je pense qu’il faut être prudent.

Le pôle blog de Gem Entreprendre


0 commentaire

Laisser un commentaire