L’entrepreneuriat peut se définir avant tout par opposition au modèle dominant, le salariat. L’entrepreneur demeure dans l’imaginaire collectif un individu qui agit librement et en totale indépendance. A l’inverse du salarié, qui travaille sous la subordination d’une entité institutionnelle en échange d’un salaire. Cette vision partagée de l’entrepreneur n’est pas anodine et trouve un fondement sémantique au moyen-âge. On parlait alors de « chevalier entrepreneur » pour désigner, dans les romans courtois, celui qui menait des actions héroïques visant à défendre de nobles causes.

Cette noble cause ne serait-elle pas aujourd’hui simplement pour l’entrepreneur le désir de s’émanciper d’un système contraignant pour devenir indépendant ?

C’est en tout cas la vision qu’ont les entrepreneurs, qui, animés par cette soif de liberté, ont rejeté le monde du salariat. Et cela, en dépit des risques encourus.

Cette philosophie a été très importante aux Etats-Unis, où est né le mouvement du « self made man ». Ce terme qui se traduit littéralement par un « homme qui s’est fait lui-même » renvoie à un individu qui a réussi à passer d’une condition modeste à une position privilégiée.

L’ancien président des Etats-Unis, Barack Obama, défendait cette mentalité dans son discours de réélection : « Je crois que nous pouvons tenir la promesse de nos pères fondateurs. L’idée que si vous êtes prêts à travailler dur, peu importe qui vous êtes, d’où vous venez, à quoi vous ressemblez, ou qui vous aimez. Peu importe que vous soyez noir ou blanc, hispanique, asiatique, amérindien, jeune, vieux, riche, pauvre, valide, handicapé, homosexuel ou hétérosexuel. Vous pouvez réussir ici en Amérique ».

C’est le cas de Ralph Lauren, créateur de la marque éponyme. Il est né de deux parents juifs ashkénazes ayant immigré de Biélorussie et grandit dans le quartier du Bronx, où il vit dans un petit appartement, partageant une chambre avec ses deux frères. Alors que sa mère lui prédisait une vie de rabbin, il était bien plus attiré par la mode et l’entrepreneuriat. Il abandonne très vite ses études pour partir dans l’armée, avant de devenir vendeur dans des petits magasins du Bronx. De fil en aiguille, il arrive à développer sa propre ligne de cravates, et à les vendre sous la marque « Polo ». Les cravates ont du succès et plusieurs magasins commencent à en vendre. Lauren commence alors à concevoir des vêtements pour hommes et femmes et met au point l’iconique chemise Polo. Son commerce devient florissant, et il est aujourd’hui le 76e homme le plus riche d’Amérique.

L’entrepreneuriat semble donc aussi être un moyen d’échapper à sa condition. En effet, certains, en rejetant leur condition sociale, ont réussi à briser les chaines du déterminisme, pour devenir des exemples de réussite.


Article rédigé par Nicolas Heinrich, membre du pôle Blog de GEM Entreprendre

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