Source image : Economyria

Qu’est-ce que le microcrédit ?

L’observatoire de la microfinance le définit comme tel : « Le microcrédit est avant tout un outil de développement économique et social, en permettant aux personnes de faibles ressources porteurs d’un projet personnel, de bénéficier de prêts que leur refuse le système bancaire traditionnel ». L’objectif premier de tels prêts est donc de prêter à des personnes qui ne peuvent pas bénéficier de prêts “classiques”. Ce système des microcrédits se retrouve principalement dans les pays en développement, bien qu’il existe aussi dans les pays développés et en transition.

  • Création et démocratisation du microcrédit

Celui qui a démocratisé le microcrédit est Muhammad Yunus, en créant en 1977 la Grameen Bank ; une institution de microcrédit qui propose des prêts aux plus pauvres du Bangladesh.

Source image : Wikipédia

C’est après avoir obtenu un doctorat aux Etats-Unis (études permises grâce à une bourse d’études) et avoir travaillé à l’Université de Middle Tennessee State, il rentre au Bangladesh, peu de temps après que le pays soit devenu indépendant. Il commence ainsi à enseigner l’économie à l’Université Chittagong mais se rend rapidement compte que ses enseignements ne résolvent pas la famine. Il commence ainsi à travailler sur des questions agronomiques, pour réaliser dans un second temps que beaucoup des problèmes rencontrés par les paysans pauvres proviennent de leurs difficultés d’accès à des capitaux.

Ces constats l’amènent ainsi à créer la Grameen Bank. Le professeur Muhammad Yunus est en effet convaincu que l’accès au crédit est un droit humain fondamental. Plutôt que de prêter à des taux qui achèveraient de manière définitive les paysans sur la plan financier, il leur offre des prêts à conditions équitables et leur inculque des connaissances financières basiques pour contribuer à leur émancipation. La Grameen obtient le statut d’établissement bancaire en 1983. Le modèle commence ainsi à s’exporter à partir de 1989

Le professeur Yunus et la Grameen Bank ont ainsi reçu le prix Nobel de la paix en 2006 pour les récompenser de leurs travaux et actions en faveur du développement économique et social.

  • Quelques chiffres autour du microcrédit

A quel point le microcrédit s’est-il répandu depuis sa création ? Un rapport datant de 2011, lors de la campagne du microcrédit, montre qu’en 2009, 128.2 millions de personnes – essentiellement des femmes – ont bénéficié d’un microcrédit. Et le niveau de vie se serait amélioré pour environ 650 millions de personnes.

  • Vertus du microcrédit

Le micro-crédit a pour vertu principale d’aider une part de la population qui n’est pas spécialement éligible au crédit des banques. C’est donc un moyen de lutter contre la pauvreté. Il permet aux personnes plus pauvres d’emprunter et de démarrer une entreprise, pour ainsi sortir en reprenant l’expression de Nurkse : “du cercle vicieux de la pauvreté”. Le microcrédit favorise donc de nombreux petits projets à l’échelle locale. Il est donc un soutien important pour le développement local.

Les projets ainsi soutenus ont de nombreuses externalités positives et permettent alors un effet de levier directement auprès des artisans et paysans, contrairement à des projets industriels qui ne bénéficient que peu à la population. Le microcrédit contribue ainsi à faire progresser l’agriculture, de soutenir l’artisanat, mais aussi de financer l’économie sociale et l’éducation.

De plus, le microcrédit est majoritairement utilisé par les femmes. Au Bangladesh, les prêts réalisés par la Grameen Bank s’adressent pour presque la totalité à des femmes (97% des prêts) et à l’échelle mondiale, 74% des bénéficiaires du microcrédit sont des femmes. Le microcrédit est donc aussi reconnu pour son rôle dans la revalorisation de la condition de la femme dans les pays en voie de développement.

  • Inconvénients et dérives ?

Cependant, le micro-crédit a des limites. Etant donné que la population éligible au microcrédit est une population pauvre, le risque pour le prêteur est important, et parfois en ce sens, les taux d’intérêt sont beaucoup trop importants, d’autant plus que la somme prêtée ne dépasse que rarement les 5 000 euros. On estime à environ 37% la moyenne mondiale du taux d’emprunt d’actions de microcrédit, ce qui est plus élevé que pour les taux d’emprunt traditionnels.

Une autre critique que l’on peut faire au microcrédit est une dérive dans son utilisation : certains dénoncent les ONG qui utiliseraient le microcrédit pour se financer.

Ainsi, le microcrédit est un outil qui soutient l’entrepreneuriat et ce, surtout dans les pays en voie de développement. Il permet donc de rééquilibrer les chances de chacun dans la volonté d’entreprendre, même si le microcrédit ne concerne que des microprojets. En plus de cela, on reconnait de nombreuses vertus aux microcrédits, bien que les taux soient souvent élevés et que l’on constate certaines dérives de leur utilisation. Il est un réel outil de développement, à la fois économique mais aussi social : amélioration des conditions d’agriculture, soutien de l’éducation à l’échelle locale, soutien de la condition des femmes sont autant d’externalités du microcrédit.

Un article rédigé par Clara Guillet & Nicolas Heinrich

Catégories : ACTUS