En avril 2018, Gem Entreprendre a rencontré Maxime Foillard, un étudiant de Grenoble Ecole de Management qui a décidé de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale

Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots pour nos lecteurs ?

Je m’appelle Maxime Foillard, j’ai 22 ans, je suis originaire d’Aix-en-Provence où j’ai fait toute ma scolarité jusqu’à ma prépa ECE au lycée de la Nativité. Je suis rentré à GEM il y a deux ans. L’an dernier j’ai fait un semestre en alternance dans une de mes structures et je viens de finir le premier semestre de ma troisième année. Cette année aussi je suis aussi en alternance.


Que représente l’entreprenariat pour toi ? Pensais-tu devenir entrepreneur en entrant à GEM ?

Oui, je le savais depuis mes 14 ans environ. Je suis issu d’une famille d’entrepreneurs. Mon père et mes oncles ont tous créé leurs entreprises, chacun dans leurs domaines. Depuis mon plus jeune âge je baigne dedans, j’ai l’habitude de voir des clients chez moi. J’ai pu observer que ce n’était pas facile, qu’il y avait beaucoup de stress. D’un autre côté j’ai senti à quel point ce métier pouvait être captivant. Je voyais tous les matins mon père avec envie de se lever pour aller au travail.

Quand j’ai eu 16 ans j’ai travaillé dans un restaurant, j’avais déjà en tête de mettre de l’argent de côté pour payer ma future entreprise. Je l’ai fait pendant trois années et quand je suis rentré à GEM mon ambition était clairement d’entrer dans la Junior Entreprise, pour suivre l’exemple de mon père.

Tu y es donc rentré ?

Non … Je n’ai pas été pris à la JE et je pensais que c’était foutu pour moi, que je ne pouvais plus prétendre à l’aventure entrepreneuriale. (Rires)

Mais j’avais tout faux. Je suis rentré à Startin’Block (aujourd’hui Gem Onu), une asso que je trouvais professionnalisante. J’y ai rencontré Gauthier Mathieu qui m’a montré qu’il y avait une multitude de possibilités pour entreprendre. C’est lui qui m’a parlé des Startup weekends ou encore de Colunch qui est un espace de co-working où des entrepreneurs viennent pitcher sur leur startup et répondent aux questions sur leur business model. J’ai particulièrement apprécié cet endroit où on partage nos feelings, qu’on soit pro ou non.

Quelle est ta première expérience professionnelle dans le monde de l’entreprenariat ?

J’ai trouvé mon premier stage en me disant qu’il fallait que je le fasse dans une startup. Je suis allé sur le site Teamzy, un réseau qui met en relation des projets entrepreneuriaux. J’ai trouvé une entreprise de consulting bien établie qui lançait une startup en interne. Ils avaient pour projet la création et la commercialisation d’un CRM (un logiciel de gestion comptable commercial de communication et RH sur le cloud). C’était une entreprise de consulting de RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) pour des grands groupes ou des communes. Je n’étais pas rémunéré mais le deal de départ c’était que si le stage se passait bien, je devais partir avec eux dans leur aventure entrepreneuriale. Je devais avoir 10% du capital, etc. C’était une expérience qui s’est bien passée du point de vue pratique sauf qu’à la fin ils m’ont dit que le projet avait été racheté, puis finalement j’ai l’impression que le projet s’est tout simplement arrêté.

Une première expérience décevante donc …

Oui exactement, j’ai compris que c’était difficile d’accorder sa confiance à des personnes. C’est à ce moment-là que j’ai voulu prendre le lead. Mon père m’a proposé de me lancer dans ma première aventure entrepreneuriale en tant qu’accompagnateur et actionnaire minoritaire de la société Ocean Call Group, un centre d’appel expert métier en logistique, rédactionnel web, secrétariat médical, gestion du trafic chez les taxis…Au départ, je n’étais pas particulièrement attiré par ce secteur d’activité mais je me suis vite rendu compte des opportunités qu’il m’offre car je gère le portefeuille client, j’ai un rôle de consultant très intéressant.

Tu peux nous parler ta startup Épices d’ailleurs ?

Je l’ai lancé avec Sébastien que j’ai rencontré il y a 2 ans qui est basé à Villefranche-sur-Saône. C’est une belle rencontre car nos profils sont complémentaires, je peux vraiment compter sur lui. On est spécialisés dans les produits qu’on ne trouve pas en grande distribution. Notre but est d’intriguer le client, lui monter qu’on a des épices qu’il ne pourra pas trouver par lui-même. Pour le ‘poivre timut’ par exemple, seulement deux distributeurs le proposent en France. C’est un des seuls poivres qui a le goût d’agrume et un arrière-goût de menthe ou de lavande. Il est utilisé par des chefs cuisiniers pour faire des crèmes brûlés. C’est avec des produits comme ça que l’on entre chez le client.


Après si on prend des produits que tout le monde connaît comme le curcuma, lorsqu’on présente notre produit, on tient à ce que le chef le sente. Il n’y a pas besoin de test laboratoire, le chef, en le sentant, va comprendre la qualité. On joue sur cette qualité supérieure. On est sur des circuits courts, directement via le producteur. Nos épices sont importées par avion, ce qui peut être coûteux, mais a l’avantage de réduire considérablement les délais.


Enfin nous avons misé sur la durée des stocks. En France, l’Etat vous autorise par exemple à garder un poivre 25 ans. Sauf que chaque année il perd en qualité en s’oxydant. Nous, on essaie de le vendre dans les deux ans. C’est là qu’on se démarque des concurrents. Pour des épices en poudre comme le curcuma, c’est sous 5–10 ans. Avec nous c’est dans les 6 mois.

D’où t’est venue cette idée ?

C’est le fait de travailler dans les restaurants comme je l’ai dit plus tôt qui m’a donné envie de travailler là-dedans. Notre politique a été de ne pas se positionner en grande distribution. On est exclusivement sur des épiceries fines, des primeurs, des restaurants gastronomiques, avec des services qui expliquent comment utiliser le produit à bon escient. C’est un réseau B to B to C où les chefs, les traiteurs et les épiciers pourront raconter l’histoire du produit aux clients. On voit bien aujourd’hui que les commerces de proximité, épiceries fines de quartier traiteurs, récupèrent des parts de marché car ils retrouvent l’intérêts des consommateurs.

Tu as choisi de ne pas faire de césure, ce qui veut dire qu’à la fin de l’année tu auras fini ton cursus à GEM. Tu te vois comment dans 6 mois ?

Il faut que je m’installe. Je peux m’installer où je veux car je travaille à distance pour le call center et pour Épices d’ailleurs. J’aimerais retourner en PACA mais je pense aussi à Paris pour le nombre d’opportunités qui pourront s’offrir à moi. J’ai des objectifs sur l’année 2018 à atteindre pour Ocean Call Group, on est déjà en très bonne voie pour les atteindre. Pour Épices d’ailleurs l’objectif c’est d’atteindre le seuil de rentabilité large. Et surtout dans 6 mois j’espère me voir diplômé (Rires).

Un mot de fin ?

Déjà, je tiens à dire que j’ai eu énormément de chance d’être nourri et blanchi par mes parents pendant les études, j’ai pu mettre de l’argent de côté, je n’ai pas eu cette préoccupation de me nourrir qui n’est pas forcément mauvaise pour l’entreprenariat mais qui peut enclencher un comportement plus opportuniste, donc un truc qu’on ne fait pas par passion. Ensuite, j’aimerais dire à ceux qui hésitent, de se lancer. N’hésitez pas, motivez-vous, c’est le meilleur moment pour se lancer.

Propos recueillis par William Benhayoun, membre du pôle Blog de Gem Entreprendre.


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