Mon Petit Placement, c’est la start-up lyonnaise du moment ! Après avoir déjà levé 650 000 € en octobre 2018, elle vient en effet de boucler une deuxième levée de fonds d’1,5 million d’euros. Une troisième devrait suivre rapidement…

 

Son but est d’apporter à une population non initiée (étudiants notamment mais aussi particuliers en général) une expertise haut de gamme et un accompagnement humain personnalisé en matière d’investissement financier. La Fintech propose de plus des produits financiers jusqu’à présent réservés à une clientèle fortunée. Si le service est pour le moment dispensé en ligne, Mon Petit Placement a annoncé la sortie très prochaine d’une application mobile.

 

Qui est Thomas Perret ?

 

Thomas : J’ai commencé mon parcours par une prépa ingé à Annecy, puis je l’ai poursuivi à l’ENSAE Paris Tech où j’ai pu me spécialiser en data science et en actuariat. Suite à mes études, je suis rentré en banque d’investissement chez Natixis, à New York, où j’ai appris à conseiller des fonds de pension qui géraient les retraites de filiales américaines de grandes entreprises françaises. Je leur proposais donc des stratégies d’investissement. Et c’est là que j’ai constaté que lorsqu’on est un investisseur institutionnel, par exemple un fonds de pension, on a accès à des solutions financières et à un accompagnement haut de gamme, auxquels on n’a pas forcément accès quand on est un particulier. J’ai donc décidé de créer Mon Petit Placement en 2017, deux ans après avoir intégré Natixis.

Est-ce que tu peux nous pitcher Mon Petit Placement ?

 

T : Oui bien sûr ! Mon Petit Placement veut rendre accessible à une population pas forcément initiée une expertise plutôt haut de gamme, c’est-à-dire des produits financiers comme on peut en trouver dans des banques privées mais aussi un accompagnement haut de gamme. Chez nous, chaque utilisateur reçoit un conseil personnalisé par un humain. L’idée est de reproduire ce modèle d’accompagnement personnalisé en ligne, pour une cible beaucoup plus large. Le modèle économique est assez sympa, dans le sens où l’on n’est rémunéré qu’en fonction de la performance de nos portefeuilles. L’idée, c’est de pouvoir ouvrir son compte un dimanche matin, depuis son canapé, en quelques clics seulement, puis de pouvoir suivre ses portefeuilles via une app qui sortira en juin 2020.

Il s’est passé combien de temps entre ton idée et sa concrétisation ?

 

T : En fait, dès que j’ai eu cette idée, j’ai lancé un site internet en décembre 2016. C’était assez trivial, juste sous la forme d’une landing page, mais ça m’a permis de vérifier qu’il y avait bien de l’intérêt pour l’idée. J’ai poursuivi ma réflexion sur le projet pendant 6 mois, en parallèle de Natixis, puis j’ai lancé la boîte en juillet 2017. J’ai donc tout de suite eu la volonté de concrétiser cette idée sérieusement, dès que je l’ai eu. En revanche, ça a été un peu long par la suite car l’activité commerciale de Mon Petit Placement n’a été lancée qu’en janvier 2020, soit 2 ans et demi après la création de la boîte.

Est-ce que ce sont des barrières à l’entrée qui expliquent ce délai avant de se lancer ?

 

T : Il y a bien sûr des barrières à l’entrée importantes : il faut obtenir un certain nombre d’autorisations, d’agréments… Cette grosse barrière conformité juridique, je l’estime à 18 mois de travail. Une autre barrière, c’est la partie business. Mon Petit Placement n’est qu’un intermédiaire qui fluidifie le référencement de fonds, mais les comptes sont toujours ouverts chez les partenaires bancaires classiques. Il faut donc convaincre ces partenaires qu’on ne va pas connaitre l’échec, et ça, c’est vraiment la partie longue. Après, il y a aussi le site à développer, mais ce n’est pas le plus long.

Comment as-tu réussi à convaincre les premières personnes de travailler avec toi sur ce projet ?

 

T : Juste avant la création de la boîte, j’ai constitué un board avec des personnes de mon entourage proche, de mon réseau, qui m’ont donné une heure par mois pour mon projet. Ça m’a rapidement apporté une certaine légitimité, parce qu’il y avait notamment mon ancien patron chez Natixis, l’ancien DG de Nestlé

Est-ce qu’on peut dire que Mon Petit Placement s’adresse fortement aux jeunes ?

 

T : Oui, carrément ! On a en réalité deux types de persona : une entre 22 et 27 ans, étudiant ou en premier CDI et une autre un peu plus large, entre 28 et 35 ans. On s’adresse à tout le monde, mais c’est vrai que la communication est très axée vers les jeunes, notamment les étudiants, qui me semblent être une cible pertinente. Ils n’ont jamais trop d’argent à placer et ils ne veulent pas trop s’embêter avec ça non plus, c’est pourquoi on a une certaine mission de pédagogie auprès des étudiants qui, une fois qu’ils seront plus à l’aise avec le placement, pourront revenir vers nous un peu plus tard.

Est-ce que c’est pour cette raison que tu as opté pour une offre 100% en ligne ?

 

T : Oui, étant donné qu’on s’adresse aux jeunes actifs, l’idée d’une plateforme internet est plutôt pertinente.

Et une application va sortir, c’est bien ça ?

 

T : Oui, tout à fait ! Pour le moment on a qu’une version mobile du site, mais une app sortira courant juin 2020.

Application Mon Petit Placement

C’est quoi, selon toi, la principale différence entre Mon Petit Placement et des acteurs plus classiques du secteur (banques traditionnelles et banques en ligne) ?

 

T : On a plusieurs différences. La première, c’est sur la partie offre/produit : si tu vas voir ta banque pour placer 2000 €, tu vas avoir droit à des produits financiers « maison », pas super haut de gamme. En revanche, si tu as 200 000 € à placer et que tu vas voir cette même banque, tu as accès à sa gestion privée et à une offre qu’on appelle « en architecture ouverte ». Il y a donc une vraie différence de traitement. Chez Mon Petit Placement, tu as accès à une offre haut de gamme même si tu ne places que 500 €. La deuxième différence, c’est que l’on cherche à avoir un esprit humain dans l’accompagnement, ce qui se fait pour le coup dans la banque traditionnelle, moins dans la banque en ligne, et on l’exprime par la réalisation de vidéos personnalisées de 5-6 minutes pour chaque utilisateur. La troisième différence, c’est le modèle économique. Avec nous, il n’y a pas de frais fixes, pas de frais d’entrée, et notre rémunération va dépendre de la performance de nos portefeuilles.

Est-ce que c’était important pout toi d’être compétitif en termes de frais de gestion, d’apport et de commission ?

 

T : En réalité ce qui était important, c’était d’être clair et d’aligner nos intérêts avec ceux du client. Après, si nos portefeuilles font 20% de performance, on sera plus cher que le marché, mais si la performance n’est pas terrible, on sera aussi moins cher que le marché. On ne vend pas un modèle low-cost, mais un modèle transparent, où nos intérêts sont les mêmes que ceux de nos clients.

Est-ce que tu as un conseil à donner à une start-up qui souhaite se lancer dans un secteur ultra réglementé comme le tien ?

 

T : Typiquement, quelque chose qu’on n’a pas vraiment fait et que je ferais avec le recul, c’est de mettre de l’argent dans un avocat spécialiste du secteur et de sa réglementation au lieu de tout mettre dans le développement directement. Faire ça, ça permet d’économiser du temps en prenant de meilleures décisions au lancement. En résumé, il ne faut pas hésiter à mettre un gros budget pour une parfaite compréhension réglementaire du secteur, quitte à faire plus de développement soi-même par la suite.

Est-ce qu’on peut dire que l’un des objectifs de Mon Petit Placement est de vulgariser le placement financier auprès des jeunes ?

 

T : Oui, clairement ! C’est le vulgariser, le rendre accessible justement en fournissant des produits financiers auxquels tu n’aurais pas droit habituellement mais aussi en fournissant le contenu pédagogique qui va te permettre de comprendre ces produits. On essaye d’ailleurs sur notre plateforme de changer le wording pour le rendre plus accessible, chose que les initiés nous reprochent parfois parce qu’ils n’ont plus leurs repères habituels. En fait, l’idée c’est de simplifier un peu le jargon pour être plus facilement compréhensible, quitte à être un peu moins exact.

Combien de temps tu te donnes avant d’être racheté par une banque ?

 

T : Je ne sais pas si on sera racheté par une banque. Je vois d’autres issues possibles : soit nous faire racheter par un GAFA, c’est-à-dire un gros acteur tech qui n’est pas dans le monde de la finance et qui chercherait un moyen d’y entrer ; soit nous faire racheter par un acteur financier, américain par exemple, qui n’est pas implanté en France et qui ne soit pas une banque. En fait, on a plus d’atomes crochus avec des acteurs tech qu’avec des banques. Après bien sûr, si demain on a une banque qui vient nous voir et qui met 50 millions d’euros sur la table, on va discuter !

Un mot sur l’Académie Mon Petit Placement ?

 

T : Oui, il y aura en fait deux académies. La première, c’est l’académie du site vitrine, que l’on pourrait renommer « Les concepts de base de l’investissement ». On essaye d’y donner les tenants et aboutissants du placement financier par des contenus assez ludiques. La deuxième, ce serait une académie beaucoup plus premium, avec du contenu plus poussé, plus détaillé pour les utilisateurs.  

Merci Thomas !

 

T : Merci à toi !

Retrouvez les articles de GEM Entreprendre sur notre blog !

Catégories : ACTUS