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Fatima Zohra Hadouni, trésorière de GEM Entreprendre, nous livre une enquête sur la relation entre entrepreneuriat et art.

L’innovation est devenue un pilier non négligeable pour les entreprises afin de se démarquer et survivre dans un contexte économique concurrentiel.

Il reste effectivement très compliqué de surmonter les défis du 21ème siècle en ne faisant appel qu’au monde du rationnel. Certains entrepreneurs en mettant de côté la dimension artistique se privent d’un véritable avantage concurrentiel. En effet les artistes, de nature très créatifs, ont tendance à se différencier grâce à leurs créations et styles assez particuliers, cela reste tout de même leur cœur de métier de faire émerger des idées hors du commun. La combinaison entre les deux dimensions fera inévitablement émerger des solutions inédites et exceptionnelles.

On peut remarquer cela dans différents domaines scientifiques faisant principalement appel à l’art, mais aussi aux grands scientifiques ayant marqué l’histoire grâce à leur touche artistique assez particulière.

L’art s’impose aux domaines des sciences comme une évidence

1/ Les plus grands scientifiques sont des artistes

Les artistes, de nature très curieux, sont souvent des passionnés des différents domaines, que ça soit la philosophie, la géopolitique, l’économie ou encore les SCIENCES. Cette attirance, aussi inattendue qu’improbable en intrigue plus qu’un. Puisque art et science font l’objet de divergences importantes, que ça soit au niveau des méthodes, des objets ou encore des techniques mises en place dans le processus de réalisation.

Néanmoins, ce que la plupart des gens oublient, c’est que l’innovation se trouve à l’intersection de l’art et de la science. On peut pour cela prendre l’exemple d’Albert Einstein, le célèbre physicien ayant marqué l’histoire de la science, qui était en même temps violoniste et pianiste. La musique représentait pour lui une échappatoire pour reposer son esprit, ainsi qu’un moyen de nourrir ses réflexions. Ainsi, l’inspiration et l’intuition comptaient énormément dans la phase de création pour répondre aux questionnements qu’ils se posaient, négligeant ainsi la logique mathématique au profit de la logique artistique. Il reconnaît ainsi la valeur de l’imagination et de la curiosité dans la réalisation de ses travaux : “je tiens suffisamment de l’artiste pour puiser librement dans mon imagination. L’imagination est plus importante que le savoir. La connaissance est limitée ; l’imagination embrasse le monde.”

Un autre exemple, c’est celui de L’Homme de Vitruve de Léonard De Vinci. L’œuvre d’art est clairement la concrétisation de l’union entre art et science, avec sa représentation parfaite des dimensions du corps humain dans un cercle et carré à la fois. Leonard De Vinci nous prouve ainsi que l’art et la science ne font qu’un.

L’Homme de Vitruve — Léonard De Vinci 1490

L’Homme de Vitruve — Léonard De Vinci 1490

2/ Domaines scientifiques faisant appel à l’art

Dans un monde où la révolution numérique prend de plus en plus d’ampleur, les liens entre les domaines artistiques et scientifiques se rapprochent. Cela peut paraître contradictoire, pourtant il existe énormément de similitudes.

Des domaines inédits peuvent en témoigner, comme par exemple le biomimétisme qu’est un processus d’innovation s’inspirant de la nature pour trouver des solutions à des problématiques du vécus, les « serious gaming » ou jeu sérieux, qui font appel aux nouvelles technologies dans l’intention de faire passer un message de façon ludique et attractive, ou le « data design » qui travaille à rendre visible les données en les matérialisant et en les faisant sortir de leur abstraction. La photographie aussi est le résultat de l’union de la chimie, l’optique, technologie, et art visuel.

La science vient aussi compléter les domaines de l’art, en ouvrant le champ des possibles, et en donnant aux artistes les secrets pour penser le monde différemment. Inutile de rappeler que l’invention de la photographie a été une révolution dans le monde des arts, que ce soit pour le cinéma ou l’émergence de l’impressionnisme.

L’art a donc autant à apporter aux domaines des sciences, que la science a à apporter à l’humanité.

L’art dans le domaine des affaires

1/ Les avantages de l’art dans ce domaine :

Les êtres humains se distinguent des machines et robots par leur créativité et imagination surprenante. Ces deux aspects font en sorte qu’ils peuvent voir les problèmes posés à eux sous différents angles. Ils ont aussi accès à un réservoir d’information illimité qui les aide à prendre des décisions réfléchies et adaptés à chaque situation. Contrairement aux robots, qui eux, fondent leur raisonnement sur des algorithmes créés par des humains.

Par ailleurs, de nombreuses entreprises commencent à faire appel aux étudiants de différentes formations, que ça soit en école de commerce, ingénierie, ou école d’art pour participer à des concours d’innovation destinés à travailler conjointement avec leurs équipes pour résoudre des problématiques internes à l’organisation. Le but est de trouver une solution qui soit aussi innovante que réalisable. Certaines entreprises commencent aussi à faire appel au Design Thinking, qu’est une méthode de réflexion qui a pour point de départ l’humain et basé principalement sur l’innovation.

2/ Avis d’Alexandre Nachez, responsable du pôle intraprendre de l’association GEM Entreprendre (première association de France, catégorie innovation et R&D)

Alexandre Nachez, responsable du pôle intraprendre lors d’une cession Design Thinking

Alexandre Nachez, responsable du pôle intraprendre lors d’une session Design Thinking

Alexandre Nachez, responsable du pôle Intraprendre de l’association GEM Entreprendre, nous donne son avis sur le Design Thinking, et la relation entre art et entrepreneuriat.

Le Design Thinking ou pensée design, selon lui est la conception d’un produit qui rend à l’aise l’utilisateur. C’est à dire qu’il le met au centre de sa réflexion pour créer un produit ou service

Le Design Thinking aide à garder les besoins des clients en tête pour ensuite proposer LA solution adéquate. « Dès les besoins des clients en tête, je me plais à mettre à profit ce tumulte intérieur coloré, en tant que moyen, et non comme une fin “

Il soulève aussi l’importance de l’aspect intuitif dans le processus de réalisation du Design Thinking, qu’il avait refoulé très longtemps au cours de sa prépa ECE, où il devait plus faire preuve de raisonnement analytique et d’apprentissage par coeur.

Pour la question de la relation entre art et entrepreneuriat, Alexandre distingue deux types d’art : l’art immortel, propre aux grands artistes ; et l’art au sens technique, utilisé comme une méthode.

Pour lui, le premier ne sera d’aucune utilité au domaine entrepreneurial. « L’entrepreneur doit à tout prix avoir en tête un objet de consommation de son temps ». Ce qui signifie que la réussite d’un projet dépend principalement d’un point temporel relatif à une fenêtre de lancement.

En ce qui concerne l’art méthodique, il considère qu’il serait surtout efficace en intrapreneuriat. C’est-à-dire, au sein des entreprises pour inviter les équipes à donner libre cours à leurs idées autour d’une problématique et à se lâcher plus en création.

Il évoque également l’importance de l’art oratoire, puisque l’aventure entrepreneuriale repose énormément sur le pitch, où le but est de vendre son projet de manière attractif et précise. « Rechercher la bonne formule qui rentrera dans la tête de la personne en face. Pour cela, il faut travailler chaque mot de son texte comme Cicéron ou Churchill ». L’objectif, c’est qu’au bout de 5 minutes, le client ou investisseur puisse expliquer avec enthousiasme l’idée à son voisin.

Pour finir, il faut garder en tête que les deux aspects artistique et pragmatique réunis sont très importants. La méthode Design Thinking est la concrétisation des deux. Elle se décompose en phase de recherche large de possibilités puis, phase de réduction, en appliquant des contraintes. Comme l’a si bien dit Alexandre : « Si vous appliquez l’une plus que l’autre, vous risquez d’avoir soit un produit trop ambitieux, que personne ne comprend, ou deuxième cas, une solution fade qui existe sûrement déjà. Dans les deux cas, le marché est roi et le client n’achète pas »

Une enquête signée Fatima Zohra Hadouni pour GEM Entreprendre !

N’hésitez pas à visiter son blog !

(Article original)

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