Gem Entreprendre a rencontré Vincent et Hubert, étudiants mais surtout créateur de Ficha, la startup qui t’aide à mieux trier tes déchets !

Pouvez-vous vous présentez en quelques mots ?

Hubert : Je m’appelle Hubert, j’ai 23 ans et je suis étudiant à Grenoble Ecole de Management (GEM) en césure entre mes deux années de master

Vincent : Et moi c’est Vincent, je suis aussi étudiant en césure à GEM et cofondateur de Ficha. Cette année je suis en 3A avec le bureau des talents qui est un programme permettant aux étudiants de réaliser un projet personnel pendant leur césure : un projet d’entreprise, un documentaire, bref un truc sérieux. Grâce à ça, notre projet est en train de décoller.

Pensiez-vous être entrepreneur avant de rentrer à GEM ?

Vincent : En arrivant à GEM, j’avais une idée en tête, puisque j’avais déjà commencé seul le dossier incubateur. Mon idée de base était de récupérer les affiches des arrêts de bus/trams, cinémas… Chose qu’on avait fait lors de la journée de lancement du Dahu (le Guide des bons plans à Grenoble édité par l’association du même nom) et qui a très bien marché. C’était plus dans une optique de valoriser les déchets.

Par la suite, J’ai rencontré Hubert lors du WEI. Les conditions n’étaient certes pas réunies pour parler sérieusement d’un éventuel projet, mais on s’est recroisé de nouveau. Et c’est là que l’on s’est découvert pleins de points en communs, des affinités ont été créé, et ça a vite accroché.

Avez-vous toujours eu cette conscience de protéger l’environnement ?

Hubert : Oui, je savais que je voulais travailler dans ce domaine. Avant d’intégrer GEM, j’avais fait un master en économie appliquée, spécialité développement durable. C’est depuis ce master que cela a commencé à sérieusement m’intéresser, au point de vouloir faire du développement durable mon domaine d’activité.

Vincent : Pour ma part, c’était plus une opportunité à saisir. Au fur et à mesure on se prend au jeu, on devient sensible à ces thématiques. Aujourd’hui je dirai que j’ai la fibre environnementale.

Le développement durable est-il un secteur propice à la création d’entreprise ?

Hubert : C’est clairement dans l’air du temps. On voit sur les réseaux sociaux une prise de conscience générale sur des thématiques environnementales. On croit sincèrement en de grandes opportunités pour les prochaines startup dans le développement durable.

Vincent : Si les avis sont aussi positifs autours de Ficha, c’est surtout parce que dans la sphère étudiante, il y a une vraie prise de conscience par rapport à certains aspects de nos actions, notamment concernant les effets de la pollution.

Comment concilier vie étudiante et gestion de projet ?

Hubert : Ce n’est pas si difficile à gérer, surtout que dans mon cas, je n’avais pas énormément de responsabilités au sein de mon association. Et pour les cours, une bonne organisation et une capacité d’adaptation suffisent pour pouvoir s’en sortir.

Vincent : Pour ma part, j’avais comme seule priorité notre projet. Mais bien sûr, il ne fallait pas négliger les cours. Je m’étais alors fixé l’objectif d’avoir des notes au-dessus de la moyenne. Pour ce qui est de la vie associative, j’étais membre actif au sein d’Impact (l’association qui promeut le développement durable et l’entrepreneuriat social au sein de GEM) et mine de rien, cela nous a énormément aidé. L’association a de nombreux contacts dans le domaine qui nous ont été très utiles. Par ailleurs, sur certains événements, on essayait de concilier Ficha et Impact. L’ouverture d’une éventuelle antenne Ficha-Impact est envisageable.

Qui sont les autres membres de votre projet, et comment avez-vous construit l’équipe ?


Hubert : On est 5 dans le projet : 4 étudiants de GEM et un ingénieur, Rituraj diplômé de l’ENSE 3. Pour les 2 autres étudiants de GEM il y a Louis, chargé de communication, et qui est maintenant en alternance à Criteo, un organisme s’occupant de développer des solutions adaptées pour le tri et le recyclage, pour ainsi réduire l’impact environnemental des emballages et des papiers. C’est une immense opportunité pour notre projet car il a pu acquérir des connaissances approfondies dans tout ce qui est relatif au tri.

Ensuite il y a Guillaume, un petit génie de l’informatique qui s’occupe avec Rituraj de toute la partie technologique du conteneur connecté. On a donc une équipe technique composée de ces 2 personnes, et une équipe plus commerciale de 3 personnes. Sachant que nous 2, on essaie de gérer le projet dans sa globalité et rencontrer les différentes parties prenantes. Par exemple aujourd’hui on avait RDV avec le responsable développement durable du Crous.

Comment faites-vous pour gérer le projet sachant que vous ne vous voyez pas souvent ?

Hubert : Ce n’est pas facile du tout, parce qu’effectivement Louis est à Paris en alternance. Rituraj n’est pas très présent non plus puisqu’il est occupé à gérer deux autres projets en parallèle et Guillaume est en parcours associatif. Pour nous en sortir, nous veillons à nous rencontrer au moins une fois par semaine, histoire de parler du projet et de son avancement. On utilise également Slack (plate-forme de communication collaborative permettant le partage de fichiers pour centraliser le suivi et la gestion d’un projet). C’est le moyen de nous tenir au courant des différentes démarches prises.

Vincent : Nous veillons aussi à manger ensemble tous les mercredis, pour pouvoir discuter d’une thématique qui concerne le projet. C’est l’opportunité de nous rapprocher mais aussi d’avancer. Ça peut paraître anodin mais c’est un moment convivial qui nous aide énormément.

En quoi les concours vous ont-ils aidé à promouvoir Ficha ?

Hubert : Ils nous ont permis d’avoir énormément d’avis sur le projet lorsqu’on a pitché le projet. C’est là où réside le plus grand avantage : la variété des retours constructifs. Sans parler bien sûr de l’aspect financier, qui est non négligeable !


A propos du financement, avez-vous des astuces pour les jeunes entrepreneurs ?

Vincent : Pour notre projet, on a d’abord eu recours au service civique (engagement volontaire au service de l’intérêt général ouvert à tous les jeunes de 15 à 25 ans). En l’incluant dans notre projet, il nous fait gagner 590 euros par mois. Les concours nous ont rapporté 2500 euros. Ces sommes ont couvert nos charges au lancement de notre projet. Cela est passé par l’embauche de freelance pour nos chartes graphiques, la création de t-shirts personnalisés et d’autres frais annexes. Nous avons par ailleurs réussi à avoir accès gratuitement à un laboratoire équipé de matériaux nous aidant dans la fabrication de notre prototype. Nous comptons également sur l’intervention d’étudiants en écoles d’ingénierie qui, dans le cadre d’un de leur cours, nous évitent énormément de frais. C’est plein de petites astuces qui paraissent simples mais font toute la différence. Il suffit simplement de bien s’entourer. Les opportunités se présenteront par elles-mêmes naturellement. Pour prendre le service civique comme exemple, c’est un collègue qui nous en a parlé. Depuis, grâce à cette simple discussion, on gagne 1160 euros par mois qu’on investit dans notre projet.

Mais en fait c’est quoi Ficha ?

Vincent : Ficha est une solution de tri pour les étudiants sensibles à la cause environnementale mais découragés par le manque de ressources disponibles dans leur entourage pour faire bouger les choses.

Suite à un sondage qu’on a effectué à GEM avec 300 étudiants participants, 95% sont sensibles au tri mais manquent de moyens pour le réaliser. Nous offrons donc la solution avec notre box répondant aux consignes de tri de la ville et installée dans chaque appartement au sein des résidences étudiantes. Ensuite il y a un conteneur connecté dans le local à poubelles qui permet à chaque étudiant de s’identifier avant de verser le contenu de son box. En retour, l’étudiant reçoit des points offrant diverses réductions chez des enseignes partenaires. Le but est de toujours être dans cette dynamique de trier et réduire ses déchets pour rendre le monde meilleur, et comme le rappelle notre slogan : « Avec Ficha, c’est pas fichu »

Comment vous avez trouvé ce slogan ?

Hubert : Vincent avait rendez-vous avec la responsable développement durable de GEM et en rentrant dans son bureau, elle lui dit : « C’est vous fichu ? ». Sur le coup, on l’avait mal pris mais par la suite on l’a remercié pour nous avoir donner l’idée de notre slogan. Au final, c’est un mal pour un bien (rire)

Quelle est la prochaine étape du projet ?

Vincent : C’est le prototypage du conteneur en collaboration avec 19 étudiants-ingénieurs du bassin grenoblois. Le design de notre box sera prêt en janvier 2019 et le lancement d’un premier test en résidence étudiante est prévu pour la même période. Tout cela dans le but d’avoir le maximum de retours et d’avis constructifs pour constamment améliorer notre concept. Une levée de fond est également prévue.

Que diriez-vous aux entrepreneurs en herbe de GEM ?

Vincent : Je les encouragerais à rédiger leur dossier incubaGem pour postuler à l’incubateur de l’école. C’est vraiment une étape primordiale dans la création d’entreprise. Je l’assimile à une sorte de porte d’entrée qui leur permettra de faire la connaissance de gens qui s’y connaissent en la matière. En franchissant cette étape, ils pourront par exemple s’intéresser aux études de marché gratuites faites par GEM sur le site web xerfi.com.

Hubert : Quant à moi je leur dirais de ne pas avoir honte de leurs idées et de ne surtout pas hésiter à en parler autour d’eux. Les retours extérieurs sur le projet peuvent être très constructifs. Il ne faut pas non plus faire de son âge un frein. Ce n’est pas parce que l’on a 20 ans que l’on ne peut pas entreprendre. Et même si demain par malheur on ne réussit pas Ficha, ça restera l’une des expériences les plus constructives que j’ai vécues.

Propos recueillis par Fatimazohra Hadouni et Laila Kadiri, membres du pôle Blog de Gem Entreprendre


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