Arnold Schwarzenegger nait en 1947 loin des fastes de sa future épopée américaine dans une misérable campagne autrichienne. Mais pour lui les difficiles conditions de vie n’importent peu en comparaison de la rigidité maladive de la société autrichienne de l’époque qui sort à genoux de la guerre. Cette mentalité germano-autrichienne oppressante persuade dès son adolescence Schwarzenegger que son avenir est bien de l’autre côté de l’Atlantique. Il dira : « la seule solution qu’on vous offrait était de vous conformer. Je n’étais pas de ceux qui se conforment, je ne voulais pas être brisé. A chaque fois qu’on me frappait, qu’on me disait ‘Tu ne peux pas faire ça’, je me disais, ‘Ça ne durera plus très longtemps, car je vais partir loin d’ici. Je veux devenir riche. Je veux devenir quelqu’un’ »

Sa porte de sortie est le culturisme : petit à petit, il grimpe les échelons jusqu’au titre glané à Londres de « l’homme le mieux bâti d’Europe » à seulement 19 ans. Mais il n’a pas oublié son rêve américain et deux ans plus tard, il débarque en Californie avec quelques dollars en poche et un faible niveau d’anglais. Au choc culturel s’ajoute la découverte d’une compétition outre-Atlantique bien plus féroce. Schwarzy doit passer de longs mois à s’entrainer avant d’espérer concourir sur la scène américaine. Problème : il est vite confronté à des impératifs financiers et doit se résoudre à travailler en plus de l’entrainement. Il fait cette année-là son premier million dans la… maçonnerie. Ce ne sont pas ses muscles qui l’aident à réussir cette fois-ci mais sa formidable vision marketing. En effet, son idée de départ est de pénétrer le marché en cassant les prix. Mais comme le téléphone ne sonne pas, Arnold et son associé Franco Colombu décident de renommer la marque en « European bricklayers and masonry expert » et de tout simplement appliquer le tarif européen bien plus élevé.


Une simple annonce dans le L.A. Times et le business aux offres « haut de gamme » décolle. Au même moment un tremblement de terre ébranle Los Angeles. Schwarzenegger et son équipe « the laziest bastards », composé intégralement de bodybuilders, vont passer 2 années à réparer les maisons de Californie.

Le géant autrichien ne s’arrête pas là et commence un second business : la vente par correspondance de produits de bodybuilding. Aujourd’hui cela peut sembler facile à mettre en place mais aux débuts des années 70, sans Internet ni même d’ordinateurs, c’était un travail qui demandait une organisation colossale. Schwarzy expliqua qu’à la différence de beaucoup de ses concurrents de l’époque, il remplissait et postait lui-même les colis, il triait toutes les lettres qu’il recevait dans des boites réparties dans son petit appartement. Il voulait maitriser sa chaîne de valeur de bout en bout.

A côté de ses activités, il investit les bénéfices dans l’immobilier. Il profite du boom sans précédent de la « Décennie magique » pour petit à petit se constituer un revenu conséquent. Il essuie néanmoins quelques déconvenues comme ces terrains achetés en plein désert de l’Arizona avec les premiers sous de l’entreprise de maçonnerie pour accueillir un aéroport privé. Mais les jets ne vinrent jamais et les landes de terres arides se révélèrent un gouffre financier. Il ne s’arrêta pas sur cet échec et se constituera tout au long de sa vie un immense empire immobilier.


Schwarzenegger a compris très tôt une chose primordiale. Il est sa propre marque. Dans tous ses business et plus tard au cinéma et en politique, il cultivera son image pour s’imposer, pour convaincre partout où il décidera d’aller. Sa mentalité d’entrepreneur qui sommeillait déjà en lui lors de son enfance en Autriche, teinté de pragmatisme et aidé par un travail acharné, le guidera même à 56 ans jusqu’au poste de Gouverneur de la Californie.

Il résumera son incroyable ascension en quelques mots : « Tout ce que je sais c’est que la première étape est de créer une vision car quand le client voit cette vision — cette magnifique vision — c’est ce qui crée chez lui la volonté d’achat ». Et il ajoutera, toujours fidèle à lui-même « Une vision c’est bien mais sans un plan d’action étape par étape et un travail acharné, ce n’est qu’une phrase vide de sens… »

P.S. : Vous vous demandez peut-être comment avait fait Schwarzy à l’époque pour concilier dans une journée de 24h ses aventures entrepreneuriales et son entrainement de bodybuilder. C’est simple, sa volonté et sa force de travail étaient telle qu’il entrait par effraction toutes les nuits à 4h du matin dans la salle de sport de quartier pour s’entrainer…

Article rédigé par Thomas Fons, membre du pole Blog de Gem Entreprendre


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